puce Le CAC 40 à 5200 points! Explications...
Ajouté le 19/04/2015 à 00:44 par Chupweb. Partager: Partager sur twitter 2458 vues - nb_commentaires

Je l’ai déjà mentionné dans de précédents articles, je fais également des études de finance, ainsi que de gestion de patrimoine. Bien que beaucoup de mes articles traitent de l’actualité technologique, je vous rappelle, que c’est mon site (je fais ce que je veux!), et qu’un peu de culture financière ne fera de mal à personne. Ouvrez donc grand vos yeux, je vais tenter de mettre en lumière quelques uns des aspects qui guident la hausse spectaculaire du marché actions français (et d’un manière plus général européen) depuis ces derniers mois.

5240 points! C’est le niveau du CAC 40 à la clôture le vendredi 10 avril 2015. Après une séance à nouveau orientée à la hausse (+0,60%), le marché parisien continue de percer ses résistances à long terme avec des niveaux que l’on avait plus l’habitude de voir. On note depuis le premier janvier une performance de 22,97%! 

Il faut avouer que peu de placements sont capables de rivaliser avec une telle performance. On pourra bien sûr arguer que les investisseurs n’achètent que rarement tout le CAC, mais on plutôt uns stratégie de stock-picking. Ceux qui auront acheté des ETF sur le ce même indice auront toutefois engrangé une très belle performance…

De plus, le CAC 40, comme les autres indices européens et de manière plus générale comme tous les indices mondiaux, ne fait état que d’une moyenne des valeurs qui s’y trouvent représentées. Ainsi, au sein de l’indice, certaines valeurs affichent des performances encore plus spectaculaires. C’est le cas de Peugeot (FR0000121501), qui affiche l’insolente performance de 52,10% depuis le 1er janvier!

Quelles sont alors les raisons qui tirent les marchés de cette façon? Quels facteurs influent sur cette envolée des cours, et surtout, la hausse peut-elle continuer? 

Pour expliquer ce dynamisme, on note principalement trois raisons. La première est celle de l’assouplissement quantitatif pratiqué par la BCE et annoncé en janvier 2015 par son président, Mario Draghi. En pratique, il s’agit pour la Banque centrale européenne d’injecter sur les marchés environ 1140 milliards d’euros d’ici à septembre 2015, sous la forme de rachat d’actifs, et notamment de dette souveraine, à raisons de « louches », de 60 milliards d’euros par mois. 

Ce programme titanesque a pour effet d’augmenter la masse monétaire en circulation et donc par la même occasion l’inflation, puisque chaque nouvel euro émis vaut moins en proportion que le précédent. 

Il faut noter également que ce quantitative leasing, « QE », pour les intimes, est composé du rachat principalement d’obligations d’états, dont la France, l’Italie, l’Allemagne, L’Espagne etc. Or, on sait que le prix d’une obligation varie à l’inverse de son rendement. Ainsi, par un effet mécanique, la BCE lorsqu’elle achète des titres de dette augmente leur prix, puisque la quantité disponible sur le marché est moindre. Avec une quantité moindre, le prix augmente, c’est un principe de base en économie (sauf pour certains marchés particuliers). Nous venons de voir que si le prix d’une obligation augmente, son rendement diminue. On peut donc parier que les rendements obligataires de la zone euro (principalement concernée par les rachats d’actifs), seront orientés à la baisse dans les prochains mois voire les prochaines semaines.

On peut d’ailleurs d’ores et déjà le constater au travers du graphique suivant:

Les rendements obligataires ayant tendance à être décroissants, les investisseurs qui étaient jusqu’ici présents sur ce skype d’actifs vont voir leur revenus décroitre, et vont alors chercher des solutions alternatives… Quelles peuvent-elles bien être? Les actions européennes! La baisse des taux engendrée par le quantitative leasing de la BCE explique donc en partie la dynamique particulièrement présente qui anime les marchés actions européens ces derniers mois. 

Ce n’est toutefois pas la seule raison. On observe de manière générale un « alignement des planètes » comme aiment le nommer les économistes et analystes. Cet alignement est caractérisé par plusieurs facteurs: des liquidités présentes sur le marché en grandes quantités du fait de la politique de la BCE, des prix du pétrole plutôt bas, mais également une zone euro qui retrouve un semblant de croissance, selon les dernières prévisions… Cette croissance est notamment dûe aux entreprises et au prix du baril de pétrole. On anticipe d’ores et déjà des résultats de la plupart des grands groupes en hausse du fait des économies réalisées par exemple sur les couts de transport…

La combinaison des trois facteurs influant de manière positive sur l’économie européenne dope donc les performance de la plupart des indices boursiers de cette même zone, sans toutefois que les analystes ne parlent de phénomène de bulle. La croissance serait donc soutenue et soutenable.

Sans doute ne faut il pas oublier pour autant les facteurs de risque qui peuvent de manière tout aussi rapide faire naitre un sentiment de peur sur les marchés. Je pense par exemple au retour possible des inquiétudes sur la situation économique de la Grèce ou encore les crise ukrainienne.

 

Que pensez-vous des niveaux des indices européens? Faut-il de plus en plus opter pour une stratégie de stock picking, ou au contraire acheter les indices au complet?

Me suivez-vous déjà sur Twitter?


* Vous pourriez aimer...

Commentaires